Un visorion

Le visorion (on écrit aussi visorium) c’est le support que le typographe fixait sur sa casse pour avoir sa copie à hauteur d’œil.

Quand il s’est agi d’éditer le Montaigne, il m’a semblé que ce pourrait être un beau nom pour une maison d’édition telle que celle que j’avais en tête. Je savais que je me préparais à passer quelques bonnes heures devant mon visorion à moi, même si aujourd’hui c’est un écran de 22 pouces.

J’aime les livres. J’aime la langue et ses avatars. J’aime qu’elle soit tout sauf cette chose figée à laquelle voudraient nous faire croire quelques gardiens du temple trop zélés.

 

 


Fabrication de livres

J’éprouve une véritable gourmandise en ouvrant un livre ancien, à m’imaginer le charme d’un aujourd’hui qui n’est pas de ce temps, mais où le soleil savait pourtant déjà se vautrer avec le même bonheur entre les branches d’un arbre.

J’avais envie de faire partager ce plaisir en proposant des livres dans leurs habits d’époque, mais à un prix accessible et sans affecter de mépriser les techniques actuelles, qui permettent des prouesses inimaginables autrefois.

Il n’allait donc pas être question de fac-similés, pour lesquels j’éprouve des sentiments mitigés, mais de recompositions à l’identique – ou au plus près – d’ouvrages pour lesquels, à un titre ou à un autre, j’ai de la sympathie. Entreprise qu’on pourra qualifier aussi bien d’altruiste que d’égoïste, mais qui est la raison d’être des éditions du Visorion.