UN MILLION D’EUROS ?!

Perrault et Perec

Eh bien oui, que voulez-vous, des vrais de vrais exemplaires de l’ÉO des Contes de Perrault il n’en reste que quatre dans le monde. Or il s’en est vendu un en 2013 et il est parti pour la modique somme (avec les frais, quand même, hein…) de 962 500 euros.  Je vous jure que je l’ignorais quand je me suis lancé dans cette réédition. Mais ça fait rien, près d’un million d’euros pour un bouquin aussi petit, on peut se demander si c’est bien raisonnable… Cela dit, sa petite taille doit faire partie de son charme : tous les gens qui ont eu l’occasion de voir le premier exemplaire du Visorion, ce qui ne fait pas tant de monde que ça, à vrai dire, se sont extasiés sur son format adorable, qui donne tellement envie de le prendre entre les mains. Et c’est pas moi qui vais dire le contraire, le fait est que je le trouve particulièrement sympa. En plus, celui-ci coûtera quand même nettement moins cher…

frontispice

Mais pour autant, à l’intérieur il sera tout pareil.

pp 176 et 177 site

Ainsi, page 176 vous aurez un bel exemple de morsure de frisquette. La frisquette n’est pas un animal, c’est le cache en papier dont on entourait la forme imprimante pour que l’encre ne vienne pas tacher les blancs. Mais parfois c’est elle qui venait mordre sur le texte. Rien n’est simple en ce monde. Et page 177 vous constaterez que la partie crénée d’un s long a été cassée. Rien de plus fragile que ce petit spaghetti de plomb qui dépasse. Bref, tout pareil.

Il y a huit contes dans cette édition : La belle au bois dormant, Le petit chaperon rouge, La Barbe bleüe (oui, LA Barbe bleue; quant au tréma il n’arrête pas de changer de place entre le texte et les titres courants), Le chat botté,

Perrault 4 premiers

 

Les Fées, Cendrillon, Riquet à la houppe et Le petit Poucet.

Perrault der

Je vous montre les illustrations telles que je les ai redessinées, mais en « version allégée » : en haute déf elles prendraient trop de place. Mais si vous les imprimez vous les verrez du moins en taille réelle.

Et pour que vous ayez une idée de toutes les illustrations, voici celle qui arrive en tête de l’Épître, la dédicace à Mademoiselle, qui sera un jour la grand-mère de Marie-Antoinette. (Bin, oui, comme dans mes précédentes éditions, j’ai zappé le privilège qui n’avait plus de raison d’être, mais je n’allais quand même pas faire aussi un sort à la dédicace…)

Epitre

Ceci dit, je regrette de ne pas vous montrer plus de photos de l’intérieur mais je n’ai pas réussi à trouver un procédé qui me satisfasse pour garder le bouquin ouvert (frontispice et dédicace sont des scans, preuve qu’il s’ouvre quand même pas mal, pour peu qu’on le tienne). Le coup du lutrin ça va bien avec des gros in-quarto bien lourds, mais mes petits in-douze des XVIIIe ou XIXe ne restent pas plus à prendre la pose. Les petits livres sont de grands timides.